Guadeloupe : communiqué intersyndical après l’assassinat d’un médecin


03 décembre 2025 - 599 vues

La communauté médicale est en deuil après l’assassinat du Dr Jean-Michel Gal, psychiatre au Centre Médico-Psychologique (CMP) du Gosier, en Guadeloupe. Le médecin a été poignardé lundi alors qu’il exerçait dans une salle dédiée au soin, un lieu d’écoute et de vulnérabilité humaine. L’annonce du drame a suscité une onde de sidération parmi les professionnels de santé, tandis que l’Intersyndicale des médecins libéraux a publié un communiqué exprimant sa « profonde tristesse » et sa « consternation ».

Les représentants syndicaux adressent leurs condoléances à la famille du médecin, à ses proches, à ses collègues et à ses patients. Si les circonstances exactes du passage à l’acte ne sont pas encore connues, les organisations médicales appellent d’ores et déjà au respect du temps judiciaire ainsi qu’à la retenue.

Mais un point ne fait plus débat : « un médecin est mort parce qu’il exerçait son métier », rappellent les signataires du communiqué, soulignant que ce drame révèle une réalité déjà dénoncée depuis des mois.


Un acte isolé qui reflète une tendance alarmante

L’Intersyndicale insiste : cet assassinat n’est pas un accident isolé, mais s’inscrit dans un contexte d’explosion des violences contre les soignants. Agressions verbales et physiques, menaces, intrusions, intimidations… Les organisations professionnelles disent alerter depuis longtemps sur une montée inquiétante des tensions envers les personnels médicaux et hospitaliers.

Ce phénomène, déjà qualifié de « violence institutionnelle » dans un communiqué du 12 mars, est renforcé par l’épuisement des équipes, la pénurie d’accès aux soins et la détérioration des conditions de travail. Selon les syndicats, ces tensions créent un « terreau d’une agressivité croissante envers ceux qui soignent ».

Le décès du Dr Gal en serait aujourd’hui la tragique incarnation.


Les syndicats médicaux exigent des mesures immédiates

Face à ce qu’ils qualifient de « signal d’alarme national », les syndicats appellent l’État à assumer ses responsabilités et à appliquer sans délai les mesures déjà adoptées pour garantir la sécurité des soignants.

Ils demandent notamment :

  • L’application immédiate de la loi Pradal, votée le 9 juillet 2025, visant à renforcer la protection des professionnels de santé, toujours en attente de ses décrets d’application.

  • La sécurisation renforcée des structures de soins, en particulier des établissements psychiatriques et médico-psychologiques où la vulnérabilité des patients nécessite des dispositifs adaptés.

  • Le repérage et la prévention des situations à risque, en lien avec les Agences régionales de santé (ARS), les forces de l’ordre et les équipes soignantes.

  • L’écoute des professionnels de terrain, dont les alertes sont selon eux trop souvent ignorées.

Selon les syndicats, aucun soignant ne devrait craindre pour sa vie en accomplissant sa mission.


Une solidarité unanime du monde médical

Les représentants de l’Intersyndicale ont exprimé leur solidarité totale avec les médecins de Guadeloupe et l’ensemble des soignants, assurant rester « unis et vigilants ». Parmi les signataires figurent les présidents de la FMF, du SML, de la CSMF, de MG France, d’Avenir Spé, des Jeunes Médecins, de SOS Médecins France et du collectif COMELI, témoignant de l’ampleur du soutien et de l’inquiétude.

Ce drame remet au premier plan une question centrale : comment garantir la sécurité de ceux qui consacrent leur vie à prendre soin des autres ?
Pour l’Intersyndicale, une réponse rapide de l’État est indispensable pour qu’un tel événement ne se reproduise plus.

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